Une tour en bois est un bâtiment collectif de plusieurs étages dont la structure porteuse principale repose sur le bois massif, en particulier le contreplaqué lamellé-croisé (CLT – Cross Laminated Timber). Cette technologie de construction hybride combine les propriétés mécaniques du bois avec les exigences de performance thermique, acoustique et de sécurité incendie propres aux immeubles résidentiels modernes.

Caractéristiques structurelles

Le CLT constitue l'élément porteur principal. Ces panneaux lamellés-croisés offrent une stabilité dimensionnelle supérieure au bois massif classique grâce à leur constitution en couches alternées perpendiculaires. Les épaisseurs varient entre 60 et 380 mm selon les charges à supporter et les exigences de résistance au feu. Pour les façades et planchers, des sections de 80 à 200 mm suffisent généralement pour des bâtiments jusqu'à 10–15 étages.

Les résistances caractéristiques du CLT varient selon sa classe de qualité : une capacité de charge axiale de 3,5 à 5,0 N/mm² et une résistance en flexion de 8 à 14 N/mm² sont courantes. Le module d'élasticité atteint 7 000 à 11 000 N/mm² dans le sens principal.

Avantages de la construction mixte bois-béton

L'approche hybride associe fréquemment le CLT à des éléments en béton : noyaux de stabilité, dalles intermédiaires ou fondations. Cette combinaison permet de respecter les délais de chantier – la structure bois se monte rapidement, les phases d'assemblage réduisant les temps de séchage. Le poids propre demeure modéré (environ 400–500 kg/m³ pour le CLT contre 2 400 kg/m³ pour le béton), ce qui diminue les charges sur les fondations.

Performances thermiques et hygrothermiques

La conductivité thermique du bois varie de 0,10 à 0,15 W/(m·K) selon l'essence et l'humidité. Pour atteindre les exigences de performance énergétique du Bâtiment durable (notamment en vertu de la réglementation thermique locale), des isolants complémentaires de 120 à 200 mm d'épaisseur s'avèrent nécessaires en façade. La régulation hygrométrique naturelle du bois contribue au confort intérieur : l'équilibre d'humidité relative se situe autour de 8–12 %.

Exigences de sécurité incendie

Le bois utilisé doit être traité ou dimensionné pour atteindre au minimum la classe Euroclasse B-s2, d0 selon la réaction au feu requise. La couche de charbon qui se forme à la surface du bois lors d'une exposition au feu agit comme isolant thermique, préservant la section résistante en cœur. Une couche protectrice de béton ou de plaques de plâtre de 25 à 50 mm garantit la réaction au feu requise. La stabilité au feu (R60 à R120) est généralement atteinte sans surcoûts prohibitifs.

Étanchéité à l'air et jonctions

Les assemblages entre éléments CLT constituent des points critiques. Un soin particulier doit être apporté aux scellements des joints (cordons d'étanchéité, bandes autoadhésives) et aux passages des fluides. Les coefficients de perméabilité à la vapeur d'eau (μ) exigent une conception des parois qui évite les condensations internes : une diffusion de l'humidité de l'intérieur vers l'extérieur est préférable.

Durabilité et classe de risque

Le bois des zones intérieures (CLT non exposé) relève de la classe de risque 1–2. Les éléments exposés aux intempéries ou contacts directs avec l'eau exigent un choix d'essence durable ou un traitement préventif approprié. Les essences durables naturellement (mélèze, châtaignier, chêne) offrent une durée de vie prévue de 40 à 60 ans en milieu intérieur.